L’amélioration de l’étanchéité à l’air des réseaux aérauliques

20 septembre, 2015 | pas de commentaire.



INTRODUCTION
L’amélioration de l’étanchéité à l’air des réseaux aérauliques équipant les
bâtiments individuels, collectifs et tertiaires est un passage obligé pour réduire la
consommation d’énergie tout en préservant l’hygiène et la qualité d’air intérieur
des locaux. Pour atteindre un bon résultat en matière d’étanchéité, il convient :
 de disposer de composants de réseaux performants, c’est de la
responsabilité des industriels,
 de dimensionner les réseaux et définir les composants, c’est le rôle des
concepteurs,
 d’assembler correctement ces composants pour constituer les réseaux, ce
qui est du ressort des installateurs,
 de vérifier la qualité de l’installation en mesurant son débit de fuite et en
évaluant sa classe d’étanchéité à l’aide de méthodes validées par les
experts techniques des instances de normalisation,
 de corriger les éventuels défauts d’étanchéité si la performance escomptée
n’est pas atteinte.
Ce guide a pour objectif de détailler l’ensemble de cette démarche en cherchant à
l’expliquer et l’illustrer le mieux possible par des exemples concrets, des retours
d’expériences sur le terrain, des exemples de calculs, des informations tirées des
catalogues et sites constructeurs, des résultats d’essais obtenus au cours de
campagnes de mesures spécifiques dans des bâtiments en France ou à
l’étranger.
Après un premier chapitre qui explique pourquoi il est important de réaliser des
réseaux étanches et qui définit le rôle des différents acteurs concernés, le
chapitre 2 décrit la typologie des conduits et accessoires les plus couramment
utilisés dans les réseaux aérauliques, qui font l’objet de ce guide. Les
technologies de conduits apparues récemment sur le marché, comme par
exemple les gaines en plastique semi-rigides ou les conduits en polystyrène, ne
sont pas traitées spécifiquement dans le présent document faute de données
disponibles et de recul sur leurs caractéristiques techniques.
Le chapitre 3 montre, photos à l’appui, des exemples de réalisations
particulièrement défectueuses en matière d’étanchéité et d’erreurs à ne pas
commettre. Il présente également un exemple de réalisation réussie, avec les
moyens mis en œuvre pour cela et les bons résultats obtenus en termes de débit
de fuite mesuré. Le chapitre 4 décrit comment mesurer le débit de fuite d’un
réseau aéraulique sur site et comment déterminer sa classe d’étanchéité, en
vue de vérifier s’il est conforme à un cahier des charges ou à une réglementation
existante.
– 4 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Le chapitre 5 aborde la façon dont est prise en compte la qualité d’étanchéité des
réseaux dans la réglementation thermique française et décrit succinctement, à
titre de comparaison, les pratiques existant dans les pays scandinaves,
beaucoup plus en avance dans ce domaine que la France et les autres pays
européens.
Comme les fuites proviennent pour l’essentiel des raccordements entre conduits
droits et composants (coudes, piquages, changements de sections, …) et des
liaisons terminales (piquage-flexible-bouche, manchettes souples, …), la
description des différents types de raccordements (ou d’assemblages) et leur
impact en termes de coût global et de qualité d’étanchéité sont détaillés au
chapitre 6.
Enfin, le chapitre 7 dresse une liste de conseils pratiques, précautions à
prendre et vérifications à faire aux différents stades de la réalisation du réseau.
La lecture de ce document peut se faire à plusieurs niveaux, et permet ainsi de
répondre aux questions des différents acteurs concernés : poseurs de réseaux,
bureaux d’études, fabricants et instances de normalisation et réglementation.
Note : Ce guide peut être amené à évoluer en fonction des retours d’expériences accumulés, de
l’apport des technologies les plus récentes, de l’évolution des réglementations à l’échelon français
ou européen, …
– 5 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
CHAPITRE 1 – POURQUOI ET COMMENT
RÉALISER DES RÉSEAUX ÉTANCHES ?
Économie d’énergie, impact sur la qualité de l’air intérieur et le niveau de bruit,
incitation réglementaire. Rôle des différents acteurs (maîtres d’ouvrage,
concepteurs, installateurs, industriels, centres techniques, organismes de
normalisation/réglementation/certification).
Les réseaux aérauliques sont présents dans la grande majorité des bâtiments
résidentiels et tertiaires, leur rôle est de véhiculer une certaine quantité d’air
potentiellement traité entre l’intérieur et l’extérieur des bâtiments, dans les deux
sens. Ils ne doivent pas fuir, pas plus que ne doivent fuir les réseaux transportant
d’autres fluides tels que l’eau ou les gaz. Même si les dégâts occasionnés par les
fuites des réseaux d’air sont bien moins spectaculaires que dans le cas des
autres fluides, ils n’en impactent pas moins, de façon plus ou moins grave, la
santé des occupants, les consommations d’énergie et la conservation du bâti.
Les réseaux aérauliques véhiculent :
 de l’air hygiénique : réseau de « ventilation seule », air aspiré, air insufflé
(potentiellement préchauffé ou pré-refroidi) ;
 de l’air vicié : extrait des locaux, chargé en humidité et en polluants ;
 de l’air traité : air chaud, froid, humidifié, déshumidifié, filtré, désinfecté, …
incluant potentiellement le renouvellement d’air.
D’où les fonctions essentielles vis-à-vis de :
 l’hygiène et la qualité de l’air intérieur : mise en œuvre des débits d’air
hygiéniques, filtration de l’air, extraction de l’air vicié ;
 la consommation d’énergie des bâtiments pour la ventilation, le chauffage et
le refroidissement : déperditions liées au renouvellement d’air, air chaud/froid
véhiculé, consommation électrique des ventilateurs, … ;
 la préservation du bâti : évacuation de l’humidité excessive de l’air intérieur
en particulier ;
 et également vis à vis du confort des occupants : confort thermique.
– 6 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Un réseau d’air peu étanche conduira inévitablement à dégrader les fonctions
essentielles ci-dessus, c’est-à-dire :
 l’hygiène et la qualité de l’air intérieur : les débits d’air hygiéniques ne
seront plus adaptés (ou il faudra accroître les débits d’air au niveau central
pour atteindre les débits nécessaires au niveau terminal, d’où des
surconsommations de ventilateurs, du bruit supplémentaire, etc.) ;
 la consommation d’énergie des bâtiments : pertes d’air chaud ou froid,
surconsommation des ventilateurs, … ;
 la préservation du bâti : dégradations liées à la présence d’humidité en
excès (condensation anormale, développement de moisissures ayant
ensuite des conséquences sur la santé des occupants) ;
 le confort des occupants : outre la dégradation du confort thermique
dans certaines situations, c’est aussi le confort acoustique qui risque d’être
dégradé (bruit des réseaux, bruit des ventilateurs).
Il faut bien reconnaître que jusqu’à ces dernières années, l’étanchéité des
réseaux aérauliques en France n’était pas une forte préoccupation, même si la
mise en œuvre se faisait en suivant des règles de l’art (voir référence [1]) et
n’était pas forcément négligée. On s’occupait peu tant des fuites sur les
installations neuves que des fuites survenant dans le temps, par exemple par la
dégradation de certains composants des réseaux et de leurs assemblages
(manchettes de raccordement, mastics et adhésifs, etc.). La preuve en est dans
les résultats très médiocres des mesures d’étanchéité effectuées sur de
nombreux réseaux à travers le pays, tant en résidentiel qu’en tertiaire. Ce n’est
souvent que lorsque les impacts ou les dégâts sur les ambiances intérieures ou
sur les structures de bâtiments deviennent « visibles » ou « palpables » que l’on est
amené à faire des vérifications et éventuellement des corrections sur l’étanchéité
des réseaux aérauliques.
Aujourd’hui, c’est surtout par le biais de la réglementation thermique et de
l’exigence de performance des réseaux en tant que partie intégrante d’un
système performant (système double flux basse consommation notamment) que
l’étanchéité à l’air des réseaux aérauliques devient une caractéristique à prendre
en compte et à optimiser dans la construction des bâtiments. Bien entendu, pour
le respect de la réglementation hygiène (débits d’air hygiéniques) la recherche
d’une bonne étanchéité des réseaux aérauliques est un enjeu majeur. Des
classes d’étanchéité à l’air ont été définies au niveau international, comme on le
verra au chapitre 4.
Des moyens de réalisation de réseaux étanches existent et des outils de
vérification et de mesure de l’étanchéité des réseaux se développent, de sorte
que l’on peut attendre des améliorations sensibles dans ce domaine.
– 7 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Des solutions techniques existent mais leur mise en application peut être freinée
pour différentes raisons, par exemple par un manque de connaissances sur le
sujet ou encore par l’idée qu’une solution plus étanche est inévitablement plus
coûteuse, ce qui n’est pas forcément la réalité comme on le verra au chapitre 6.
Les principaux enjeux et perspectives étant identifiés, il paraît utile de résumer le
rôle des différents acteurs concernés par la réalisation des réseaux aérauliques
étanches. On les retrouvera tout au long du guide, chacun jouant un rôle décisif
dans cette démarche.
Les Maîtres d’ouvrage :
 font construire les bâtiments et leurs réseaux aérauliques ;
 ont besoin de réseaux étanches pour plusieurs raisons : hygiène des
occupants, conservation du bâti, réduction de la facture énergétique, respect
de la réglementation, performance du système de ventilation installé.
Les Concepteurs (architectes, bureaux d’études) :
 définissent et dimensionnent les systèmes et les réseaux ;
 prescrivent les composants ;
 adaptent leurs prescriptions / exigences en fonction des objectifs recherchés
(débits, taux de fuite maximums, consommation des ventilateurs, etc.).
Les Installateurs :
 mettent en œuvre, réalisent les réseaux ;
 sont directement impliqués dans le résultat final par la qualité de leur travail.
Les Industriels :
 conçoivent, développent et fabriquent les composants de réseaux ;
 testent et font tester leurs matériels ;
 participent à l’élaboration des normes et règlementations.
Les Centres Techniques :
 testent les matériels ;
 participent à l’évolution des matériels, des normes et des règlementations.
Les Organismes de normalisation / règlementation / certification :
 établissent les normes et règlementations, les référentiels ;
 font évoluer les exigences, les performances ;
 doivent rester en phase avec la réalité du terrain et l’évolution des produits
(performances des matériels, faisabilité des essais, mise en œuvre sur le
terrain, etc.).
– 8 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
CHAPITRE 2 – DESCRIPTION DES PRINCIPAUX
TYPES DE RÉSEAUX
Habitat individuel, collectif, tertiaire, insufflation/extraction, cylindrique,
rectangulaire, oblong, lisse, spiralé, métallique, plastique, flexible, isolé. Exemples
de réseaux, de pressions de fonctionnement typiques
2.1 Réflexions générales
Il est important de donner des indications non seulement sur les typologies de
conduits (cylindriques, rectangulaires, oblongs, lisses, spiralés, métalliques,
plastiques, flexibles, isolés), mais aussi et surtout sur les typologies de
raccordements et d’accessoires, car c’est principalement au niveau des
jonctions que se situent les « fuites » (les fuites seront visualisées au Chapitre 3).
En fin de chapitre nous introduisons la notion de pression de fonctionnement
du réseau, c’est-à-dire la pression typique régnant normalement dans le réseau
considéré. On verra au chapitre 4 que le débit de fuite du réseau est mesuré à
cette pression de fonctionnement (ou pression d’essai).
2.2 Typologies de conduits
La Figure 2-1 rassemble les principaux types de conduits rencontrés en pratique,
incluant une centrale de traitement d’air avec terminaux de soufflage, reprise,
rejet d’air et prise d’air neuf.
Figure 2-1 : Exemple de réseau aéraulique (source LINDAB)
– 9 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Les conduits les plus répandus sont les conduits circulaires métalliques
rigides, notamment en acier galvanisé, peu coûteux et faciles à mettre en œuvre.
Pour des usages plus spécifiques, les conduits peuvent aussi être en aluminium
ou en acier inoxydable (ex. aluminium dans les installations de VMC-gaz, inox
dans les salles propres, dans les parties exposées des cuisines, locaux humides
tels que les caves).
Ces conduits peuvent être isolés pour les besoins des applications. Dans ce cas,
il existe notamment des conduits circulaires « double peau » offrant une bonne
résistance (Planche 2–1). L’isolant est parfois rajouté sur le conduit initial lors de
la pose, la tenue peut alors être moins bonne, avec des risques d’apparition de
ponts thermiques aux jonctions d’isolant, mais aussi une dégradation intrinsèque
dans la durée liée aux conditions climatiques et environnementales.
Conduit circulaire Conduit circulaire isolé –
double peau
Conduit circulaire isolé –
calorifugeage extérieur
Planche 2–1 : Exemples de conduits circulaires métalliques rigides
Les conduits rectangulaires sont également présents (Planche 2–2) lorsque
notamment des problèmes de place se posent, en particulier dans des bâtiments
tertiaires. Ces conduits peuvent ainsi plus facilement s’adapter en jouant sur le
rapport hauteur/largeur, mais il faut éviter les cheminements complexes qui
peuvent entraîner des pertes de charges exagérées et mal maîtrisées (ex.
contournement d’une poutre avec « écrasement » du conduit).
– 10 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Conduit rectangulaire Réseau de conduits
rectangulaires Gaine rectangulaire en PVC
Planche 2–2 : Exemples de conduits rectangulaires
Les conduits autoportants et isolants (Planche 2–3) se rencontrent surtout
dans certaines applications de conditionnement d’air, notamment dans les parties
terminales des installations de type ventilo-convecteurs gainables ou unités
terminales de climatisation gainables. Ils présentent l’intérêt de pouvoir
s’assembler sur le site, de façon modulaire. L’isolation thermique est réalisée à
base de fibres de laine minérale. Ces conduits doivent faire l’objet d’une attention
toute particulière lors du nettoyage, compte tenu de la fragilité de leurs parois et
de la présence de fibres dans ces parois (certains conduits possèdent une feuille
d’aluminium sur la paroi intérieure, ce qui peut faciliter le nettoyage – cf. Planche
2–3 b).
a b
Planche 2–3 : Conduits de type autoportant
Entre les conduits circulaires et les conduits rectangulaires, il existe des conduits
oblongs métalliques ou plastiques (Planche 2–4). Ils permettent, par rapport aux
conduits circulaires, des gains de place à l’installation pour un surcoût
raisonnable.
– 11 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Planche 2–4 : Conduits oblongs
Les conduits semi-rigides sont utilisés sur les parties terminales des
installations, en amont des bouches et diffuseurs. Ces conduits sont en acier
galvanisé ou en aluminium (Planche 2–5).
Planche 2–5 : Conduits semi-rigides
On utilise aussi au niveau terminal, des conduits souples ou flexibles, en
aluminium sur armature métallique spiralée (aspect de « papier chocolat ») ou
encore en vinyle (PVC) sur armature métallique spiralée (Planche 2–6). L’un ou
l’autre peuvent être entourés d’une isolation thermique, suivant les nécessités du
système. La perte de charge de ces conduits flexibles est nettement plus
importante que celle des autres conduits évoqués ici.
– 12 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Planche 2–6 : Conduits flexibles avec ou sans isolant
La Figure 2-2 illustre les principaux types de conduits décrits précédemment.
Figure 2-2 : Exemple de différents types de conduits (source FRANCE AIR)
2.3 Typologie d’accessoires
Les fuites d’un réseau aéraulique proviennent pour l’essentiel des
raccordements entre conduits droits et composants (coudes, piquages,
changements de sections, trappes de visite, bouches et diffuseurs,…) ainsi que
des liaisons terminales (piquage-flexible-bouche, manchettes souples, …). Ces
pièces de raccordements et autres composants de réseaux sont couramment
appelés « accessoires » mais cette dénomination ne doit pas masquer le fait qu’ils
sont un des points clés de l’étanchéité du réseau aéraulique. Leur insertion dans
le réseau doit être soignée pour un bon résultat final. La Planche 2-7 présente
des exemples d’accessoires de réseau utilisés en pratique.
– 13 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Bouche d’extraction d’air Té de raccordement Bouchon mâle
(avec joint intégré)
Coude (avec joint intégré) Piquage (avec joint intégré) Registre (avec joint intégré)
Manchette souple
(à découper) Réduction (avec joint intégré) Silencieux cylindrique
Raccord de visite
(avec joint intégré)
Conduit de raccordement
d’étage
Caisson de piquage
(tête de colonne)
Conduit souple raccordement
bouche-colonne Manchette souple étanche Prise d’air de façade
Planche 2–7 : Exemples d’accessoires de réseau
(la plupart existe avec ou sans joint intégré)
– 14 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
2.4 Pressions de fonctionnement
Les pressions de référence de fonctionnement données dans le Tableau 2-1 sont
extraites du document FD E 51-767 (référence [2]) et sont reprises dans la
règlementation thermique 2012. La catégorie « non résidentiel » comprend
principalement : bureaux, enseignement, hôtellerie, hôpitaux, etc.
Tableau 2-1 : Pressions de référence selon FD E 51-767
Maison
individuelle
ou accolée
Bâtiment
résidentiel collectif
Bâtiment tertiaire : bureaux,
enseignement, hôtellerie,
hôpitaux, etc.
Pression de
référence, Pref
80 Pa 160 Pa 250 Pa
Les valeurs Pref proposées dans FD E-767 sont des pressions conventionnelles
qui s’appliquent aux types de bâtiments mentionnés. Il n’est pas obligatoire
d’appliquer ces valeurs de pression pour caractériser l’étanchéité d’un réseau.
En effet, si la pression (ou dépression) régnant habituellement dans le réseau est
éloignée de ces valeurs, il est nettement préférable de choisir une pression
d’essai légèrement supérieure à la pression réelle du réseau. Celle-ci peut être
beaucoup plus élevée que les valeurs indiquées au Tableau 2-1. Ainsi, la pression
de fonctionnement dans les installations de conditionnement d’air de grands
bâtiments tertiaires (centres commerciaux, grands hôtels, hôpitaux, salles de
spectacles, locaux sportifs, etc …) peut atteindre des valeurs comprises entre
1000 et 1700 Pa, voire plus pour des réseaux haute pression.
– 15 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
CHAPITRE 3 – EXEMPLES DE RÉALISATIONS
DÉFECTUEUSES ET RÉUSSIES EN MATIÈRE
D’ÉTANCHÉITÉ
Exemples illustrés avec commentaires, mise en évidence des principaux points
sensibles. Dans ce chapitre on « visualise » les fuites, sans les quantifier. On peut
voir, le cas échéant, les défauts majeurs qui permettront de dire que la réalisation
est a priori défectueuse.
3.1 Principaux points sensibles relevés sur le terrain
Sur un grand nombre de réseaux rencontrés, en résidentiel ou en tertiaire, les
points suivants ont été relevés comme sensibles, ou plus précisément, comme
étant fréquemment associés à des fuites plus ou moins importantes.
Les Planches ci-dessous présentent des défauts d’étanchéité de différents types
de réseaux, depuis le caisson de ventilation jusqu’aux bouches ou diffuseurs
situés à l’autre extrémité du réseau. Tous ces défauts (fentes, perforations,
déchirures et autres passages d’air) peuvent conduire à des classes d’étanchéité
très médiocres, comme souvent rencontré en pratique (voir chapitre 4).
Manchette de raccordement
perforée entre un caisson et
un conduit de rejet en toiture
Fuite entre la pièce de
raccordement et le caisson :
les traces de poussière sont
significatives
Fuite entre la pièce de
raccordement et le caisson,
visualisation par fumigène
Manchette perforée sur un
conduit d’aspiration (10 cm²)
Manchette non étanche
(visualisation au fumigène)
Déchirure très importante au
niveau d’une manchette
Planche 3–1 : Exemples de défauts de constatés au niveau des raccordements aux
caissons ventilateurs (aspiration, rejet)
– 16 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Jonction de deux conduits
en toiture terrasse. L’adhésif
n’a pas résisté aux
conditions extérieures
Jonction de conduits avec
adhésif fortement détérioré
Fuite légère au niveau du
mastic d’étanchéité :
fissuration
Jonction conduit-coude,
avec adhésif ne résistant
pas aux conditions
extérieures
Jonction conduit-coude,
avec fuite tout autour de la
pièce de raccordement
Jonction mal finie avec fuite,
mastic non homogène …
Travail d’étanchéité bâclé au
niveau des jonctions avec
un coude, fuites notables
Conduit de soufflage
autoportant en combles,
avec cassure et fuite
importante
Isolation sur un conduit de
soufflage, perforation pour
mesurage de débit, non
obturée (trou de 1 cm de
diamètre)
Planche 3–2 : Exemples de défauts constatés au niveau des raccordements de
conduits et accessoires
– 17 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Fuite au niveau du piquage
et déchirure (surprenante) à
proximité
Piquage avec déchirure sur
la circonférence du conduit
principal
Piquage sur lequel on a
forcé pour décaler le
conduit (la fuite est
importante)
Planche 3–3 : Exemples de défauts constatés au niveau des piquages de conduits
Bouchon non étanche à
l’extrémité d’un conduit en
toiture terrasse (en outre,
l’adhésif est détérioré)
Défaut d’étanchéité au
niveau du piquage sur Té-
souche
Fuite légère en tête de
colonne : bouchon
imparfaitement étanche
Défaut fréquent sur les
conduits de raccordement
situés derrière les bouches
d’extraction en résidentiel
(fuite très importante
cumulée sur de
nombreuses bouches)
Conduit flexible détérioré et
impossibilité de fixer la
manchette
Absence de raccordement
entre la colonne et la
bouche d’extraction
Planche 3–4 : Exemples de défauts constatés au niveau de conduits terminaux,
bouchons, raccordement des bouches et diffuseurs
– 18 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
3.2 Exemples de deux réseaux : étanche et peu étanche
Les deux exemples ci-après sont issus d’une étude réalisée pour l’ADEME
(référence [3]) dans laquelle deux réseaux de ventilation d’immeubles résidentiels
collectifs avec conduits circulaires ont été étudiés, l’un à base d’accessoires
« classiques » en majorité, l’autre à base d’accessoires « à joints ».
Outre les différences de performance atteinte en termes d’étanchéité à l’air (il
convient de se reporter au chapitre 4 pour trouver la définition de l’aire de surface
de réseau et de la longueur totale de jonction), il est intéressant d’observer la
nature des principaux défauts observés, en regard du § 3.1.
 Exemple 1 : réseau « étanche »
La Figure 3-1 représente le réseau de ventilation N° 1 (venti lation simple flux par
extraction), avec sa partie horizontale située en combles et les colonnes
verticales desservant les appartements.
Caisson
d’extraction
Φ 355 Φ 355
Branche 2
C4
C5 C6 C1
C2
C3
Φ 160
Φ 250
Φ 250
Φ 250
Φ 200
Φ 160
Branche 1
Figure 3-1 : schéma du réseau de ventilation N° 1
(partie horizontale et colonnes desservies)
Dans le Tableau 3-1, le détail des superficies de réseau et des longueurs de
jonctions est donné (voir définitions au chapitre 4), avec une appréciation (oui /
non) relative au respect de deux critères pris en compte dans le cadre de la
mesure de l’étanchéité à l’air des réseaux aérauliques selon la norme d’essais
NF EN 12237 (référence [4]).
– 19 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Tableau 3-1 : Caractéristiques géométriques des différentes parties du réseau 1
Respect des conditions de
Partie de réseau NF EN 12237
Aire surface
de réseau Aj
(m²)
Longueur
de jonction
L (m)
L/Aj
(m-1)
Aj>10 m² 1<L/Aj<1,5
C1 10,2 12,2 1,2 Oui Oui
C2 7,2 10,4 1,5 Non Oui
C3 10,3 12,2 1,2 Oui Oui
C4 6,6 9,9 1,5 Non Non
C5 9,4 13,0 1,4 Non Oui
C6 9,8 9,0 0,9 Non Non
réseau horizontal
Branche 1 11,9 23,1 2,0 Oui Non
réseau horizontal
Branche 2 18,3 25,7 1,4 Oui Oui
Le réseau de ventilation N° 1 est constitué de cond uits métalliques rigides et
d’accessoires à joints. Par ailleurs, les piquages horizontaux sont réalisés sur des
Tés préfabriqués, ce qui évite de découper in situ les colonnes et donc limite les
points critiques. Enfin, l’assemblage est parachevé avec un ruban adhésif
étanche qui recouvre les points de fixation vissés (cf. Planche 3–5).
Accessoire de raccordement
mâle/mâle équipé de joint
Piquages en conduits
rigides à joint
Pièce de raccordement des
piquages en Té à joint
Ruban adhésif d’étanchéité
au niveau des vis de fixation
Ruban adhésif
d’étanchéité au niveau
des vis de fixation
(combles)
Ruban adhésif d’étanchéité au
niveau des vis de fixation et
des bouchons haut de
colonnes (combles)
Planche 3–5 : Composants du réseau N° 1 et assemblage
– 20 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Le Tableau 3-2 récapitule les résultats des mesures de débit de fuite pour les
différentes portions du réseau N° 1 testées et indi que la classe d’étanchéité
correspondante (pour la définition des classes, se reporter au chapitre 4), ceci
pour une pression d’essai de 140 Pa.
Tableau 3-2 : Résultats des mesures de débit de fuite et classes d’étanchéité
correspondantes sur le réseau N° 1 (pression d’essa i de 140 Pa)
Partie de réseau
Aire surface
de réseau
Aj (m²)
Débit
extraction
(m3
/h)
Débit fuite
sous 140
Pa (m3
/h)
Débit
fuite/débit
extrait (%)
Facteur de
fuite sous
140 Pa
(m3
/h/m2
)
Classe
d’étanchéité
C1 10,2 473 5,3 1,1 0,52 B
C2 7,2 251 6,2 2,5 0,86 A
C3 10,3 301 5,7 1,9 0,54 B
C4 6,6 298 6,8 2,3 1,04 A
C5 9,4 292 6,2 2,1 0,65 B
C6 9,8 352 7 2,0 0,72 B
réseau horizontal
Branche 1 11,9 942 12,4 1,3 1,04 A
réseau horizontal
Branche 2 18,3 1025 13,4 1,3 0,72 B
Réseau Global 83,6 1967 62,9 3,2 0,75 B
Sur la Figure 3-2 les résultats sont présentés sous forme d’histogramme. La
classe A est la classe d’étanchéité prise comme référence dans les calculs de la
réglementation thermique 2005. Comme on le verra au chapitre 4, la définition
des classes est telle que la classe A est moins bonne que la classe B, qui ellemême
est moins bonne que la classe C.
0
0,5
1
1,5
2
2,5
C1 C2 C3 C4 C5 C6 réseau
horiz.
Branche 1
réseau
horiz.
Branche 2
Réseau
Global
facteur de fuite sous 140 Pa (m³/h.m²)
classe B
classe C
classe A
Figure 3-2 : Histogramme des résultats obtenus
– 21 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
D’une manière générale, les résultats obtenus sur les colonnes et les réseaux
horizontaux sont bons puisque les colonnes n° 1, 3, 5, 6 et le réseau ho rizontal
branche 2 se situent en classe B et les colonnes 4, 2 et le réseau horizontal
branche 1 se situent en bas de la classe A, très proche de la classe B. Les
débits de fuite représentent de l’ordre de 1,1 % à 2,3 % du débit extrait.
Lors de l’inspection du réseau, aucun défaut significatif n’a été observé, excepté
un défaut relevé sur la branche n° 1 au niveau du p iquage sur Té-souche. Aucun
complément d’étanchéité (mastic, bande adhésive, bande mastic) ne vient en sus
du piquage réalisé en usine, or il s’avère que dans certains cas celui-ci peut être
fuyard.
 Exemple 2 : réseau « peu étanche »
La Figure 3-3 représente le réseau de ventilation N° 2 (venti lation simple flux par
extraction), avec sa partie horizontale, située en toiture terrasse, et les colonnes
verticales desservant les appartements.
Caisson
d’extraction
Φ 400 Φ 560
Branche 1
C4
C6/7
Φ 250
Φ 500
Φ 250
Φ 300
Branche 2
C5
Φ 200
Φ 315
C8
C9 Φ 400
C1
C10
C3 C2
Φ 315
Figure 3-3 : Schéma du réseau de ventilation N° 2
(partie horizontale et colonnes desservies)
Dans le Tableau 3-3, le détail des superficies de réseau et des longueurs de
jonctions est donné, avec une appréciation (oui / non) relative au respect de deux
critères pris en compte dans le cadre de la norme NF EN 12237 (référence [4]).
– 22 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Tableau 3-3 : Caractéristiques géométriques des différentes parties du réseau N° 2
Respect des conditions de
Partie de réseau NF EN 12237
Aire surface
de réseau Aj
(m²)
Longueur
de jonction
L (m)
L/Aj
(m-1)
Aj>10 m² 1<L/Aj<1,5
C1 13 18,3 1,41 Oui Oui
C2 13,5 19,5 1,44 Oui Oui
C3 10,9 16,9 1,56 Oui Non
C4 19,8 24,4 1,23 Oui Oui
C5 11,2 15,0 1,35 Oui Oui
C6, C7 20,2 23,6 1,17 Oui Oui
C8 17,6 18,5 1,05 Oui Oui
C9 15 17,9 1,19 Oui Oui
C10 14,2 15,3 1,08 Oui Oui
réseau horizontal
Branche 1 34 36,1 1,06 Oui Oui
réseau horizontal
Branche 2 16,1 14,37 0,89 Oui Non
Le réseau de ventilation N° 2 est constitué de deux types d’assemblages de
conduits métalliques rigides :
 les colonnes 9 et 10 comportent des accessoires à joints ;
 les autres colonnes sont assemblées avec du mastic, sans accessoires à
joints.
Dans les deux cas l’étanchéité des assemblages est complétée par du ruban
adhésif. Le raccordement aux bouches d’extraction est réalisé à l’aide d’une
manchette, dont le but est d’améliorer l’étanchéité à la liaison conduit flexible
spiralé / bouche d’extraction. Cette manchette permet également de faciliter la
mise en œuvre de la bouche d’extraction (cf Planche 3–6).
Accessoire de
raccordement sans joint
Raccordement des
piquages avec ruban
adhésif d’étanchéité
Manchette de raccordement
conduit flexible spiralé /
bouche d’extraction
Planche 3–6 : Composants du réseau N° 2 et assemblage
– 23 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Le Tableau 3-4 récapitule les résultats des mesures de débit de fuite pour les
différentes portions de réseau testées et indique la classe d’étanchéité
correspondante, ceci pour une pression d’essai de 100 Pa. Les réseaux de classe
3xA présentent une étanchéité moins bonne que ceux de classe A. Sur la Figure
3-4 les résultats sont présentés sous forme d’histogramme.
Tableau 3-4 : Résultats des mesures des débits de fuites et classes d’étanchéité
correspondantes (pression d’essai de 100 Pa)
Partie de réseau
Aire surface
de réseau
Aj (m²)
Débit
extraction
(m3
/h)
Débit fuite
sous 100
Pa (m3
/h)
Débit
fuite/débit
extrait (%)
Facteur de
fuite sous
100 Pa
(m3
/h/m2
)
Classe
d’étanchéité
C1 13 585 66,7 11,4 5,13 3xA
C2 13,5 455 69,7 15,3 5,17 3xA
C3 10,9 365 71 19,5 6,54 9xA
C4 19,8 660 51 7,7 2,57 3xA
C5 11,2 280 23,1 8,3 2,07 3xA
C6, C7 20,2 405 93,2 23,0 4,6 3xA
C8 17,6 560 32,5 5,8 1,84 A
C9 15 520 45,8 8,8 3,06 3xA
C10 14,2 600 43,3 7,2 3,05 3xA
réseau horizontal
Branche 1 34,0 3085 45,7 1,5 1,34 A
réseau horizontal
Branche 2 16,1 1345 3,5 0,3 0,22 B
Réseau Global 185,4 4430 545,5 12,3 2,9 3xA
0
1
2
3
4
5
6
7
C1 C2 C3 C4 C5 C6,C7 C8 C9 C10 réseau
horiz.
Branche
1
réseau
horiz.
Branche
2
Réseau
Global
facteur de fuite sous 100 Pa (m³/h.m²)
classe B
classe C
classe A
classe 3xA
défaut RT2012
(
Figure 3-4 : Histogramme des résultats obtenus
– 24 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
D’une manière générale, les résultats obtenus sur les colonnes sont moins bons
que la classe A. Seule la colonne 8 se situe en classe A. Les colonnes n° 1, 2, 3,
6 et 7 sont particulièrement fuyardes, avec une perméabilité à l’air environ trois
fois supérieure à la limite de la classe A, et des débits de fuite compris entre 10 %
et 20 % du débit extrait. Les colonnes 4, 5, 9 et 10 se rapprochent – sans
l’atteindre – de la limite de la classe A, avec un débit de fuite de l’ordre de 8 % du
débit extrait.
Les réseaux horizontaux situés sur la toiture terrasse sont meilleurs, notamment
la branche 2 qui se situe en classe B et très proche de la classe C.
Contrairement aux colonnes, les parties horizontales de réseaux ne sont pas
pénalisées par les jonctions aux bouches d’extraction qui constituent des points
faibles.
Des exemples de défauts d’installation sur le réseau N° 2 ont déjà été présentés,
notamment sur la Planche 3–4. Les principaux défauts des colonnes sont
effectivement localisés au niveau du raccordement des bouches d’extraction,
où des situations extrêmes et graves ont été rencontrées, comme l’impossibilité
de fixer correctement la manchette à cause de la détérioration du conduit flexible,
voire l’absence totale de raccordement ou de bouchon en pied de colonne.
Par ailleurs, lorsque les manchettes sont installées, une grande partie d’entre
elles présente des défauts d’étanchéité, en raison d’un mauvais raccordement
(absence de mastic d’étanchéité, jour important entre la manchette et le
conduit flexible par exemple).
Ces défauts sont d’autant plus importants qu’ils se retrouvent sur la quasi-totalité
des bouches d’extraction. Lorsque cela a été possible, un diagnostic à l’intérieur
des gaines techniques a révélé des fuites légères sur les bouchons en pied de
colonne, mais surtout des défauts importants de raccordements entre la
colonne et les conduits flexibles, avec par exemple l’absence de ruban
d’étanchéité, voire même une absence de raccordement.
Enfin, pour la partie de réseau située en toiture terrasse, des défauts légers sont
relevés au niveau des bouchons de tête de colonne (non équipés de joint
d’étanchéité) ainsi qu’au niveau des colmatages effectués à l’aide de mastic
(d’ores et déjà dégradé par les conditions extérieures, température, U.V). Ce
dernier point pourrait s’aggraver avec le vieillissement.
– 25 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
CHAPITRE 4 – MESURES DU DÉBIT DE FUITE
ET CLASSES D’ÉTANCHÉITÉ
Mesure du débit de fuite sur une portion de réseau représentative du circuit
complet, détermination de la classe d’étanchéité d’un réseau, débit de fuite
ramené à l’aire d’un « trou équivalent »
4.1 Comment mesurer un débit de fuite ?
 Définition de la représentativité du réseau à tester
Conformément à la norme NF EN 12237 (référence [4]), le facteur d’étanchéité
à l’air d’un réseau aéraulique, noté f, s’exprime comme le rapport entre le débit
de fuite qv (m3
/s) et l’aire de la surface de réseau Aj
(m²), pour une différence
de pression donnée entre l’ambiance et l’intérieur du conduit. Cette étanchéité à
l’air est déterminée sur une portion représentative du réseau pour une pression
correspondant à la pression normale de fonctionnement du réseau, comme cela
est explicité plus loin.
La portion représentative du réseau dont on détermine l’étanchéité doit contenir,
selon NF EN 12237, une variété représentative de dimensions de conduits et
d’accessoires entre le ventilateur et un terminal de diffusion par exemple. De plus,
cette portion doit satisfaire aux conditions suivantes :
 l’aire de la surface de réseau testé Aj doit représenter au moins 10 % de l’aire
de la surface du réseau global et avoir une valeur minimale de 10 m²
 le rapport entre la longueur totale de jonction L et la surface du réseau de
conduit Aj doit être tel que :
1 ≤ L/Aj ≤ 1,5 (en m-1)
Le document FD E-51-767 (référence [2]) impose en outre que dans le cas où le
réseau de rejet ou d’aspiration compris entre le ventilateur et l’extérieur nécessite
d’être étanche à l’air pour éviter d’éventuelles recirculations vers les zones
d’occupation, l’aire de la surface du réseau testé devra aussi intégrer cette
branche de réseau.
La détermination de l’aire de la surface du réseau Aj
doit se faire suivant les
spécifications de la norme EN 14239 (référence [5]) qui explique comment
comptabiliser les longueurs droites de conduits de différents diamètres ainsi que
les accessoires présents sur le réseau, d’une part, pour les réseaux de conduits
circulaires et, d’autre part, pour les réseaux de conduits rectangulaires.
Note : Si le réseau comprend des composants tels que, par exemple, des caissons de filtres ou
des silencieux, la détermination de l’aire de la surface du composant et de la longueur des joints
de connexion du composant au réseau s’effectue selon NF EN 15727 (référence [6]).
– 26 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
• Détermination de l’aire de la surface de réseau, pour des conduits
circulaires (extrait de la référence [5]) :
L’aire de la surface d’un conduit (dénommée « aire latérale du conduit » dans la
norme) est égale au produit du périmètre intérieur du conduit par sa
longueur. Dans le cas d’un réseau comprenant des conduits de diamètres
différents, coudes, changements de sections et accessoires, tel que celui
schématisé Figure 4-1, il s’agit de mesurer des longueurs de conduits
conformément à l’exemple présenté sur la figure. Ainsi, la longueur de chaque
conduit droit de même diamètre doit être mesurée entre deux points situés sur
des perpendiculaires à l’axe du conduit. En présence d’une pièce de
transformation (cône ∅ 800 / ∅630 sur la Figure 4-1), la longueur doit être
comptée sur le conduit de plus grand diamètre (∅ 800).
Figure 4-1 : Exemple d’une installation type de réseau de conduits circulaires
Le calcul de l’aire de la surface de ce réseau est présenté sur le Tableau 4-1.
Dans le cas de conduits circulaires, l’aire latérale du conduit par unité de
longueur (deuxième colonne du Tableau 4-1) est égale au périmètre πD (où D
est le diamètre du conduit en m). L’aire de la surface totale du réseau, Aj
, est
dans ce cas de 44,8 m².
Tableau 4-1 : Calcul de l’aire de la surface du réseau représenté Figure 4-1
Diamètre
mm
Longueur
m
Aire latérale du conduit
par unité de longueur
m²/m
Aire latérale totale du
conduit

800 6,5 + 5,2 2,51 2,51 x 11,7 = 29,4
630 3 1,98 1,98 x 3 = 5,9
400 4,2 + 3,3 1,26 1,26 x 7,5 = 9,5
Total installation 44,8
– 27 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
• Détermination de l’aire de la surface de réseau, pour des conduits
rectangulaires (extrait de la référence [5]) :
Le principe de la mesure de l’aire de la surface d’un réseau de conduits
rectangulaires est similaire à celui d’un réseau de conduits circulaires. La Figure
4-2 montre un réseau type de conduits de section rectangulaire avec la façon de
prendre en compte les longueurs de conduits de mêmes sections.
Le calcul de l’aire de la surface de ce réseau est présenté sur le Tableau 4-2.
Pour les conduits rectangulaires, l’aire latérale du conduit par unité de
longueur est égale au périmètre de la section de conduit 2 (L + l), où L et l
sont respectivement la longueur et la largeur du rectangle en m.
Figure 4-2 : Exemple d’une installation type de réseau de conduits rectangulaires
Tableau 4-2 : Calcul de l’aire de la surface du réseau représenté Figure 4-2
Diamètre
mm
Longueur
m
Aire latérale du conduit
par unité de longueur
m²/m
Aire latérale totale du
conduit

800 x 400 1,9 + 3,1 2,4 2,4 x 5 = 12
600 x 400 3,8 2 2 x 3,8 = 7.6
400 x 400 1,5 1,6 1,6 x 1,5 = 2.4
200 x 400 3,6 + 3,7 1,2 1,2 x 7,3 = 8.8
Total installation 30,8

– 28 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
• Détermination de la longueur totale de jonction :
Il s’agit de la longueur totale des périmètres de jonction incluse dans la partie de
réseau testée.
Pour déterminer L il faut donc comptabiliser tous les accessoires ou composants
et leurs jonctions associées, ainsi que les jonctions des longueurs droites de
conduits (les conduits droits sont assemblés à partir de longueurs standard, par
exemple 3 m ou 5 m pour les conduits circulaires, 1,5 m ou 3 m pour les conduits
rectangulaires).
• Exemple d’un réseau SF de ventilation de logements collectifs :
Ventilation simple flux par extraction. Bâtiment R+1. Caisson en combles perdus.
Réseau de conduits circulaires.
Partie de réseau étudiée : 1/2 réseau (partie raccordée sur l’une des deux ouïes
d’entrée du caisson), 8 colonnes, 23 bouches, cf. Tableau 4-3 et Tableau 4-4.
Récapitulatif :
 Aire de surface de réseau : Aj
= 49,6 m²
 Longueur totale de jonction : L = 70,9 m
Cette partie de réseau étudiée est bien « représentative » du réseau global, au sens
de FD E51-767 et NF EN 12237 (références [2] et [4]) puisque :
 l’aire de la surface de réseau de conduit testé représente au moins 10 % de
l’aire de la surface du réseau global (ici, c’est environ 50 %) et elle est
supérieure à 10 m²,
 le rapport entre la longueur totale de jonction L et la surface du réseau de
conduit Aj
est tel que : 1 ≤ L/Aj ≤ 1,5 (en m-1).
Tableau 4-3 : Exemple de calcul de l’aire de surface de conduit – Immeuble collectif
SURFACE DU RESEAU (Aj)
Diamètre
(mm)
Longueur
(m)
Surface
(m²)
125 60,1 23,60
160 28,7 14,43
200 5,0 3,14
250 4,9 3,85
355 4,1 4,57
Total 49,6 m²
L/Aj ≈ 1,4 m-1
– 29 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Tableau 4-4 : Exemple de calcul de la longueur de jonction – Immeuble collectif
ACCESSOIRES IDENTIFIES – longueur de jonction
Nature nb Diamètre
(mm)
nb racc.
élémentaires
nb racc
total
l
(mm)
Bouche 23 125 1 23 9 032
Raccord 125 23 125 1 23 9 032
Conduit raccordement
étage 125 12 125 3 36 14 137
Conduit raccordement
étage 160 4 160 3 12 6 032
Bouchon 125 6 125 1 6 2 356
Bouchon 160 2 160 1 2 1 005
Bouchon 200 1 200 1 1 6 28
Piquage 125 4 125 1 4 1 571
Piquage 160 4 160 1 4 2 011
Caisson piquage
combles 125 6 125 3 18 7 069
Caisson piquage
combles 160 2 160 3 6 3 016
Coude 90/125 1 125 2 2 785
Réduction
Concentrique 250/200 1 225 2 2 1 414
Réduction
Concentrique 315/250 1 280 2 2 1 759
Manchette 400 1 400 2 2 2 513
Raccords conduits
droits
(un raccord tous les 5 m en
diamètre 125 et 160 → ensemble) 1 8 501
Longueur totale de jonction L 70,9 m
• Exemple d’un réseau SF de ventilation des salles de classes d’un
collège :
Ventilation simple flux par extraction d’air. Caisson en toiture terrasse. Réseau de
conduits circulaires, cf. Tableau 4-5 et Tableau 4-6.
Locaux desservis (sur un niveau) : 7 salles de classes, 2 locaux de rangement.
Récapitulatif :
 Aire de surface de réseau : Aj
= 80,4 m²
 Longueur totale de jonction : L = 87,9 m
Comme précédemment, cette partie de réseau étudiée est bien « représentative »
du réseau global au sens de la norme.
L/Aj ≈ 1,1 m-1
– 30 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Tableau 4-5 : Exemple de calcul de l’aire de surface de conduit – Collège
SURFACE DU RESEAU (Aj)
Diamètre
(mm)
Longueur
(m)
Surface
(m²)
125 34,5 13,55
200 14,5 9,11
250 15,5 12,17
315 18 17,81
355 23 25,65
450 1,5 2,12
Total 80,4 m²
Tableau 4-6 : Exemple de calcul de la longueur de jonction – Collège
ACCESSOIRES IDENTIFIES – longueur de jonction
Nature nb Diamètre
(mm)
nb racc.
élémentaires
nb racc.
total
l
(mm)
Bouche 20 125 1 20 7 854
Té 315 2 315 2 4 3 958
Té 355 2 355 2 4 4 461
Bouchon 315 1 315 1 1 990
Bouchon 355 1 355 1 1 1 115
Piquage 125 20 125 1 20 7 854
Piquage 315 2 315 1 2 1 979
Coude 90/125 3 125 2 6 2 356
Coude 90/315 3 315 2 6 5 938
Coude 90/355 3 355 2 6 6 692
Registre 315 1 315 2 2 1 979
Registre 355 2 355 2 4 4 461
Réduction
concentrique 200/125 2 163 2 4 2 048
Réduction
concentrique 250/200 2 225 2 4 2 827
Réduction
concentrique 315/250 2 280 2 4 3 519
Réduction
concentrique 355/315 1 335 2 2 2 105
Réduction
concentrique 450/355 1 403 2 2 2 532
Manchette 450 1 450 2 2 2 827
Silencieux 1 450 2 2 2 827
Raccords conduits
droits
(un raccord tous les 5 m en
diamètre 125 à 355 → ensemble) 1 19 571
Longueur totale de jonction L 87,9 m
– 31 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
 Méthode de mesure du débit de fuite
La Figure 4-3 montre un schéma de principe de la mesure du débit de fuite d’un
réseau de conduits. Le conduit (ou réseau de conduits) est obturé par des
bouchons à ses deux extrémités. A l’une de ses extrémités, conformément au
schéma de la Figure 4-3 on raccorde un conduit équipé successivement d’un
ventilateur à vitesse variable, un débitmètre et un manomètre. Le ventilateur
(ou turbopompe) doit pouvoir souffler ou aspirer de l’air dans le réseau étudié,
comme le montrent les flèches indiquant le sens du flux d’air sur le schéma, ce
qui a pour effet de mettre le réseau en pression ou en dépression.
La pression (positive ou négative) imposée par ce dispositif doit être au moins
égale à la pression de fonctionnement, c’est-à-dire la pression statique
maximum pour laquelle le réseau de conduits est conçu en conditions normales
de fonctionnement.
Note : On a présenté au § 2.4 les valeurs de pression de référence proposées dans la norme FD
E 54-767. Une autre valeur de pression peut être choisie pour l’essai, si possible un peu
supérieure à la pression régnant habituellement dans le réseau considéré.
A cette pression de fonctionnement (ou pression d’essai) on mesure la valeur du
débit, qui correspond au débit de fuite du réseau si les bouchons d’obstruction
sont suffisamment étanches.
Note : Un moyen simple et bon marché de contrôler l’étanchéité des bouchons est de mettre le
conduit en pression et de mettre en évidence des éventuelles fuites à l’aide d’eau savonneuse, les
fuites provoquant des bulles bien visibles.
Les relevés du débit de fuite doivent être enregistrés dans des conditions
stables, c’est-à-dire lorsque la pression d’essai a été maintenue à ± 5 % de la
pression spécifiée pendant 5 min. Le débit de fuite est la valeur du débit relevée
au bout de cette période de 5 min.
Il convient de souligner que cette méthode de mesure du débit de fuite est
conventionnelle, elle donne le même poids à toutes les fuites quelle que soit
leur position dans le réseau, sans tenir compte des différences de pression
relative dans celui-ci. Si les fuites sont localisées à proximité du ventilateur, que
ce soit à l’aspiration ou au soufflage, à surface égale elles génèreront un débit de
fuite plus important que si elles sont situées ailleurs dans le circuit car la pression
(ou dépression) est plus importante près du ventilateur.
– 32 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
ou
Ventilateur Débitmètre
Manomètre
Réseau à tester
Bouchon
d’obstruction
Figure 4-3 : Schéma de principe de la mesure du débit de fuite
 Appareils de mesure du débit de fuite
Il existe plusieurs appareils de mesure du débit de fuite des réseaux aérauliques
disponibles sur le marché. Six d’entre eux sont répertoriés ici afin de donner un
aperçu de ce qui est proposé, sans que cela ne constitue une liste exhaustive
(Tableau 4-7). Les caractéristiques indiquées sont celles qui sont données par le
fabricant ou le revendeur, elles sont présentées de façon aussi homogène que
possible. Pour plus de détail, les fiches techniques sont généralement disponibles
sur les sites internet des fabricants.
– 33 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Tableau 4-7 : Quelques appareils du marché pour la mesure du débit de fuite des
réseaux aérauliques
Appareil Fabricant/revendeur Plages de débits et de pressions
Perméascope
ALDES
www.aldes.fr
Résidentiel et petit tertiaire
Plage de débits :
0 m3
/h → 300 m3
/h
Plage de pressions :
-300 Pa → 0 Pa
Modèle DL1
INFILTEC
www.infiltec.com
Résidentiel et petit tertiaire
Plage de débits :
0,57 m3
/h → 527 m3
/h
Plage de pressions :
0 Pa → 750 Pa
Pack LEAKAGE TESTER
LINDAB
www.lindab.fr
Résidentiel et tertiaire
Plage de débits :
0 m3
/h → 198 m3
/h
Plage de pressions :
-750 Pa → 2000 Pa
Modèle DU220
RETROTEC
www.retrotec.com
Résidentiel
Plage de débits :
8 m3
/h → 1020 m3
/h
Plage de pressions :
(non communiquée)
Duct Leakage Tester
SWEMA
www.swema.com
Résidentiel et tertiaire
Plage de débits :
0 m3
/h → 460 m3
/h
Plage de pressions :
-750 Pa → 1900 Pa
Série PAN300
TSI Instruments
www.tsiinc.fr
Résidentiel et tertiaire
Plage de débits :
3,6 m3
/h → 720 m3
/h
Plage de pressions :
-3735 Pa → 3735 Pa
– 34 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
4.2 Classes d’étanchéité d’un réseau
 Détermination de la classe d’étanchéité
Le facteur d’étanchéité à l’air d’un réseau aéraulique, noté f dans les
documents normatifs, est le rapport du débit de fuite qv sur l’aire de la surface du
réseau Aj telle que définie au § 4.1.1 :
j
v
A
q
f =
où qv est exprimé en m³/s et Aj en m².
La limite d’étanchéité à l’air fmax est définie par :
65.0
max . K pessai f =
où :  pessai est la pression relative en Pa appliquée dans le circuit lors du test
d’étanchéité.
 K est un coefficient dépendant de la classe d’étanchéité du réseau, dont
la valeur est donnée dans le Tableau 4-8 en fonction de la classe d’étanchéité.
Tableau 4-8 : Classes d’étanchéité, Valeurs du coefficient K
Classe
d’étanchéité
Valeur du
coefficient K
A 27 . 10-6
B 9 . 10-6
C 3 . 10-6
D 1 . 10-6
Un réseau de conduits sera dans une certaine classe d’étanchéité si son facteur
d’étanchéité f est inférieur à la limite d’étanchéité fmax correspondant à la classe
considérée, ceci pour la pression d’essai appliquée lors de la détermination du
débit de fuite.
• Exemple :
Considérons un réseau de conduits dont l’aire de la surface Aj est de 10 m².
L’essai d’étanchéité effectué à une pression d’essai pessai = 100 Pa a mis en
évidence un débit de fuite de 10 m³/h. Dans quelle classe d’étanchéité le réseau
testé se situe-t-il ?
Le facteur d’étanchéité f de ce réseau est égal à :
4 3 1 2
78,2 10 .
10
10 / 3600 − − −
f = = ⋅ m s m
– 35 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
La limite d’étanchéité fmax pour une pression d’essai de 100 Pa est égale
respectivement à :
fmax = 27.10-6 x 1000, 65 = 5,39.10-4 m3
.s-1.m-2 pour la classe A
fmax = 9.10-6 x 1000,65 = 1,8.10-4 m3
.s-1.m-2 pour la classe B
Le facteur d’étanchéité f du réseau considéré étant compris entre ces deux
valeurs de fmax, le réseau est donc de classe A.
Note : Une feuille de calcul Excel, fournie en complément de ce guide, utilise les formules cidessus
pour déterminer la classe d’étanchéité d’un réseau à partir des trois éléments suivants à
renseigner :
− aire de la surface du réseau testé (m²)
− pression d’essai (Pa)
− débit de fuite mesuré (m³/h).
On doit également rentrer dans cette feuille de calcul la température ambiante et la pression
atmosphérique relevées lors de l’essai pour calculer le débit de fuite à la masse volumique de
référence ρ =1,2 kg/m³.
 Débit de fuite ramené à l’aire d’un « trou équivalent »
La fuite d’un réseau aéraulique étant due à des défauts d’étanchéité plus ou
moins grossiers, il est intéressant de donner une représentation de cette fuite en
termes de « trou équivalent ». Cela permet de comparer l’aire du « trou
équivalent », que l’on pourrait appeler Ate, avec l’aire de la surface de réseau, de
façon à avoir une image de la fuite et mieux se rendre compte de l’impact de tel
ou tel défaut « visible » (ex. perforation d’une manchette, jonction déchirée, …).
Cela permet de se rendre compte qu’au final l’addition de quelques défauts
apparemment mineurs peut conduire à une fuite relativement importante, se
traduisant par une classe médiocre d’étanchéité du réseau en question.
Ainsi, en assimilant la fuite à un petit orifice ou « trou équivalent », on peut
déterminer l’aire de ce petit orifice, Ate, par la formule :
qv = ζ x Ate x (2 pessai / ρ)
0,5 (m³/s)
soit : Ate = (qv / ζ) x (2 pessai / ρ)
-0,5 (m²)
avec :  qv : débit de fuite (m³/s)
 ζ : coefficient de perte de charge de l’orifice (estimé à 0,61)
 Ate : aire de l’orifice équivalent (m²)
 pessai : pression d’essai (Pa)
 ρ : masse volumique de l’air (kg/m3
)
Si le débit de fuite qv est exprimé en m3
/h et que l’on veut obtenir l’aire du trou
équivalent en cm², la formule à utiliser est la suivante :
Ate = 2,78 (qv / ζ) x (2 pessai / ρ)
-0,5 (cm²)
– 36 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Note : Dans la feuille de calcul Excel, fournie en complément de ce guide, l’aire du trou équivalent
à la fuite est calculée automatiquement en fonction des paramètres ci-dessus.
Ainsi, dans l’exemple présenté au § 4.2.1 avec une aire de surface de réseau Aj
de 10 m², une pression d’essai de 100 Pa, le débit de fuite de 10 m³/h correspond
à un « trou équivalent » de 3,5 cm², ce qui correspond à un disque de 2,1 cm de
diamètre. Dans l’exemple du réseau collectif SF au § 4.1.1.4, l’aire de la surface
du réseau est Aj = 49,6 m² et la pression d’essai est de 110 Pa.
• Quelle est la fuite maximale admissible pour être en Classe B et quel
est le diamètre du trou équivalent ?
Le calcul nous donne un débit de fuite maximum de 34,1 m3
/h. Ceci correspond à
un trou équivalent de surface 11,8 cm², soit 3,88 cm de diamètre (cf. figure 4-4).
C’est relativement peu lorsqu’on considère l’ensemble des petits défauts que l’on
peut trouver sur un réseau et l’addition de tous ces petits défauts. Il faut donc être
particulièrement vigilant lors de la mise en œuvre des réseaux aérauliques. Dans
ce dernier exemple, la limite de la Classe C serait atteinte avec une fuite de
11,4 m3
/h, soit un « trou équivalent » de superficie 3,9 cm² (équivalent d’un petit
disque de 2,24 cm de diamètre). Les surfaces des « trous équivalents » sont
représentées sous forme de cercles ou de rectangles dans les figures 4-4 et 4-5
afin de mieux visualiser l’impact de ces fuites.
Disque de 11,8 cm² de surface Disque de 3,9 cm² de surface
Figure 4-4 : Représentation de la fuite par un trou équivalent en forme de disque
Rectangle de 11,8 cm² de surface
Rectangle de 3,9 cm² de surface
Figure 4-5 : Représentation de la fuite par un trou équivalent en forme de fente
rectangulaire
Max
Classe B Max
classe C
Max Classe B
Max classe C
– 37 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
CHAPITRE 5 – RÉGLEMENTATION RELATIVE À
L’ÉTANCHÉITÉ DES RÉSEAUX
Prise en compte des fuites des réseaux dans la réglementation thermique
française, aperçu de la réglementation et des pratiques à l’étranger, notamment
en Scandinavie
5.1 Prise en compte des fuites de réseau dans la réglementation
thermique française
 RT 2005
La prise en compte des fuites du réseau aéraulique est faite dans la RT 2005
(méthode de calcul Th-CE 2005) par la majoration du débit d’air, par un
coefficient Cfres. Le débit d’air extrait par l’ensemble des bouches est égal au
débit minimal résultant des réglementations d’hygiène, majoré du coefficient
Cfres, dont la valeur dépend de la classe d’étanchéité du réseau considéré.
Le coefficient de fuite du réseau Cfres a une valeur comprise entre 1 et 1,1
suivant la classe de fuite du réseau Clfres (voir Tableau 5-1).
Tableau 5-1 : Définition des classes Clfres (Règles Th-CE 2005)
Classe de Clfres Clfres1 Clfres2 Clfres3
Valeur de Cfres 1 1,05 1,10
Connaissant le type de réseau et sa classe d’étanchéité telle que définie au
chapitre 4, on peut en déduire la classe de fuite du réseau Clfres conformément
au Tableau 5-2.
Tableau 5-2 : Classe Clfres en fonction de la classe d’étanchéité du réseau
(Règles Th-CE 2005)
Type de réseau Classe d’étanchéité K (m3
.s-1.m-2) Classe Clfres
Hors classe 67,5 . 10-6 Clfres2
A 27 . 10-6 Clfres1
B 9 . 10-6 Clfres1
Basse pression
C 3 . 10-6 Clfres1
Hors classe 67,5 . 10-6 Clfres3
A 27 . 10-6 Clfres2
B 9 . 10-6 Clfres1
Autres cas
C 3 . 10-6 Clfres1
– 38 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Ainsi, un réseau présentant une bonne ou très bonne étanchéité (classe B ou
C) est de classe Clfres1 quel que soit le type de réseau, donc Cfres = 1, il n’y a
aucune pénalité appliquée sur le débit hygiénique. Inversement, un réseau hors
classe, de pression de fonctionnement supérieure à 20 Pa, est de classe
Clfres3, soit Cfres = 1,1. Le débit à prendre en compte dans le calcul de
consommation électrique du ventilateur et de consommation de chauffage est
dans ce cas supérieur de 10 % au débit hygiénique minimal pour tenir compte
des fuites.
Par convention, si les conduits sont rigides et tous équipés d’accessoires à joints
le réseau peut-être considéré comme étant de classe A.
 RT 2012
La qualité d’étanchéité du réseau est prise en compte dans les calculs
réglementaires à la fois au niveau de la consommation de chauffage ou de
refroidissement et au niveau de la consommation des auxiliaires
(ventilateurs). Pour le calcul de la consommation de chauffage (ou de
refroidissement), le débit d’air soufflé ou d’air repris par le ventilateur est égal au
débit d’air hygiénique réglementaire augmenté du débit de fuite du réseau estimé.
Selon cette réglementation, le débit de fuite s’écrit :
qv = 3600 Kres. A. dP0.667
où :  qv : débit de fuite (m³/s)
Kres : coefficient fonction de la classe d’étanchéité du réseau (Tableau 5-3)
A : aire de la surface du réseau, calculée de façon conventionnelle en
fonction du type de bâtiment (maison individuelle, bâtiment collectif, autre)
(m²). Cette valeur est définie de façon conventionnelle dans la méthode de
calcul Th-BCE 2012 (Tableau 5-4)
dP : pression dans le réseau, dont la valeur est fixée de façon
conventionnelle en fonction du type de bâtiment (Pa) (Tableau 5-4)
Tableau 5-3 : Classes d’étanchéité et valeur conventionnelle du Kres
(Méthode Th-BCE 2012, référence [7])
Classe d’étanchéité du réseau Cletres Kres (m3
.s-1.m-2 )
Valeur par défaut 0,0675 . 10-3
A 0,027 . 10-3
B 0,009 . 10-3
C 0,003 . 10-3
Note : Le respect de la réglementation nécessite donc de connaître la classe d’étanchéité du
réseau par des mesures ou dans le cadre d’une démarche qualité agréée.
– 39 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Les valeurs de Kres du Tableau 5-3 sont les mêmes que celles qui définissent les
classes d’étanchéité au § 4.2.1 ou encore celles qui sont données dans le
Tableau 5-2. Seul diffère l’exposant de la pression du réseau dans le calcul du
débit de fuite, égal ici à 0.667 au lieu de 0.65 au § 4.2.1.
Si la classe du réseau est rentrée par défaut (plus médiocre que la classe A ou de
classe inconnue), on prend Kres = 0,0675×10-3 pour l’évaluation du débit de fuite,
ce qui correspond à la classe 2,5 x A et entraîne des débits globaux plus grands.
L’amélioration de l’étanchéité des réseaux aura des effets sur les consommations
de chauffage ou de refroidissement très différents selon la part du réseau située
en volume chauffé ou non chauffé. Des valeurs par défaut des parties de
réseau situées en volume chauffé ou non chauffé (convention hivernale) sont
proposées dans les règles Th-BCE 2012 (référence [7]) (Tableau 5-4). Ces
valeurs peuvent être modifiées pour chaque projet par le bureau d’étude (par
exemple une maison individuelle peut avoir 100 % de son réseau de soufflage et
d’extraction en volume chauffé).
Tableau 5-4 : Valeurs par défaut des parties de réseau en volume chauffé, et valeurs
conventionnelles des surfaces de réseau et des pressions dans les réseaux pour le
calcul des fuites selon les types des bâtiments (Méthode Th-BCE 2012, référence [7])
Part de
conduits en
volume
chauffé – par
défaut
Surface
conventionnelle de
réseau
Pression conventionnelles des
réseaux
Maison
individuelle
ou accolée
Ratfuitvc
0,25
Ratsurfcond
0,1 m²/m² de SHAB
Haute
pression
80 Pa
Moyenne
pression
40 Pa
Basse
pression
20 Pa
Bâtiment
résidentiel
collectif
Ratfuitvc
0,5
Ratdebcond
0,05 m² / (m3
/h)
Haute
pression
160 Pa
Moyenne
pression
40 Pa
Basse
pression
20 Pa
Bâtiments
tertiaires
Ratfuitvc
0,75
Ratdebcond
0,05 m² / (m3
/h)
Haute pression
250 Pa
Pour un système de ventilation simple flux par extraction, les fuites situées en
volume chauffé auront pour effet d’augmenter les besoins de chauffage
l’hiver (ou de refroidissement l’été). Une bonne étanchéité du réseau permettra
donc de limiter les consommations de chauffage et de refroidissement.
– 40 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Pour un système de ventilation double flux, la référence [8] montre l’influence
quantitative des fuites et de l’isolation thermique du réseau sur l’efficacité du
système double flux. Cette étude montre que si le réseau est situé dans le
volume non chauffé, l’efficacité de l’appareil peut pratiquement diminuer d’un
facteur 2 si le réseau est à la fois fuyard (classe d’étanchéité 3 x A) et mal isolé
(résistance thermique de 1,2 m².K/W).
Inversement, lorsque le réseau est en volume chauffé l’impact des fuites et de
l’isolation du réseau sur l’efficacité du caisson double flux est pratiquement
négligeable.
Cependant la classe d’étanchéité des réseaux doit être également être prise en
compte pour la détermination des puissances des ventilateurs lors de la phase
de dimensionnement. Cette phase est laissée à la charge des bureaux d’études
et reste très peu décrite dans la méthode Th-BCE 2012 (référence [7]). La
puissance électrique du ventilateur au point de fonctionnement correspondant au
débit d’air hygiénique augmenté des fuites et à la pression estimée du réseau, est
de fait plus élevée lorsque le débit de fuite augmente, ceci quel que soit
l’emplacement du caisson dans le bâtiment. Ainsi la consommation des auxiliaires
de ventilation doit être augmentée si le réseau aéraulique est peu étanche.
En conclusion, la qualité d’étanchéité des réseaux aérauliques est prise en
compte dans la réglementation thermique française, au même titre qu’un grand
nombre d’autres paramètres. Le maître d’ouvrage à donc intérêt à s’engager sur
un résultat performant en matière d’étanchéité à l’air des réseaux aérauliques, il y
gagnera en consommation conventionnelle (calcul règlementaire) mais aussi
en consommation réelle (résultat final). Il devra cependant prouver qu’il atteint la
performance annoncée par une mesure d’étanchéité, sinon il devra prendre une
valeur par défaut qui pénalise le calcul.
Dans un premier temps, ce sont surtout les labels de performance énergétique
des bâtiments qui vont inciter à une mise en œuvre des réseaux étanches,
comme ils incitent depuis quelques années déjà à réaliser des enveloppes de
bâtiments étanches à l’air. Ainsi, après avoir imposé la mesure de l’étanchéité à
l’air des bâtiments, le label effinergie+
rend obligatoire depuis janvier 2012 la
mesure des débits de ventilation et de l’étanchéité à l’air des réseaux aérauliques.
De plus, l’étanchéité des réseaux doit être au minimum de classe B.
– 41 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
5.2 Aperçu de la réglementation et des pratiques relatives à
l’étanchéité des réseaux à l’étranger
Les pays scandinaves sont beaucoup plus en avance que la France et que la
plupart des pays européens en matière d’étanchéité des réseaux aérauliques. Un
document élaboré dans le cadre du projet européen ASIEPI fait le point sur les
pratiques et réglementations existant dans ce domaine en Europe du nord
(référence [9]).
En Scandinavie, les réseaux étanches constituent la norme : 90 à 95 % des
réseaux installés sont constitués de conduits métalliques circulaires avec joints.
Ces réseaux sont de classe C au minimum.
En Suède, la plupart des bâtiments et de leurs servitudes satisfont aux
préconisations du guide de bonnes pratiques AMA. Concernant les systèmes de
ventilation/climatisation, l’AMA définit des classes minimales d’étanchéité des
réseaux aérauliques à atteindre en fonction de la situation et les règles de mise
en service correspondantes.
Ainsi, les classes d’étanchéité à respecter sont les suivantes (voir la définition des
classes d’étanchéité au chapitre 4) :
 classe A : (le niveau le plus bas autorisé) pour les réseaux visibles dans
lesquels les fuites n’ont pas vraiment de signification car elles profitent à
l’espace entourant le réseau.
 classe B : s’applique à tout réseau de conduits rectangulaires ou à tout
réseau dont la surface totale est inférieure à 20 m².
 classe C : s’applique à tout réseau de conduits circulaires de surface
supérieure à 20 m², soit la grande majorité des bâtiments. Les accessoires à
joint peuvent faire l’objet d’une certification du SITAC (équivalent suédois du
CSTB). L’utilisation sur l’intégralité d’un réseau d’accessoires certifiés
garantit l’obtention d’une classe C et dispense d’un test d’étanchéité lors de
la réception de l’installation.
 classe D : peut être exigée dans le cas où l’étanchéité est un paramètre
essentiel. Ceci nécessite généralement d’utiliser des conduits circulaires
avec des accessoires à joints doubles.
En cas d’utilisation d’accessoires non certifiés, des mesures du débit de fuite du
réseau doivent être obligatoirement réalisées lors de la réception de l’installation
sur une surface représentant au moins 10 % de la surface totale du réseau si les
conduits sont circulaires et 20 % du réseau si les conduits sont rectangulaires,
ceci afin de vérifier si les exigences d’étanchéité prévues dans le contrat sont
respectées. Les essais doivent être effectués par le contractant (ou par un de ses
sous-traitants), qui doit inclure le prix des tests dans son devis.
– 42 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Si les mesures à la réception montrent que la classe d’étanchéité prévue dans le
contrat n’est pas atteinte, des travaux de mise en conformité avec vérification par
des essais complémentaires sont exigés.
En Norvège, il n’y a pas de classe minimum d’étanchéité requise pour les
réseaux aérauliques, c’est le maître d’ouvrage qui définit ses exigences au cas
par cas. En pratique, le minimum imposé est la classe B et 90 % des réseaux
installés sont de classe C.
En Finlande, la situation est similaire à celle de la Suède. La réglementation
bâtiment impose la classe B comme seuil minimum d’étanchéité pour l’ensemble
du réseau considéré et recommande que les conduits et accessoires constituant
le réseau soient au moins de classe C.
Dans les autres pays européens, les conduits rectangulaires sont beaucoup
plus utilisés qu’en Scandinavie, au détriment de l’étanchéité. La vérification de
l’étanchéité par des mesures de débit de fuite sur site est peu répandue faute
d’incitations par les pouvoirs publics. Le projet européen SAVE-DUCT (référence
[10]), qui s’est terminé à la fin des années 1990 et qui consistait à réaliser des
mesures de débit de fuite sur plus d’une centaine de systèmes de ventilation
installés en France, Belgique et Suède, a mis en évidence que la plupart des
réseaux testés en France et en Belgique étaient beaucoup plus fuyards que la
classe A, alors qu’en Suède aucun des circuits ne descendaient en dessous de
la classe A, la très grande majorité étant de classe B ou C (Figure 5-1). A noter
que la Régie des Bâtiments Belges souhaiterait imposer à terme la classe
d’étanchéité C dans les spécifications techniques des réseaux (référence [11]), ce
qui devrait demander un effort très important par rapport aux pratiques adoptées
jusque là par les fabricants et installateurs.
Figure 5-1 : Comparaison des classes d’étanchéité relevées sur des réseaux dans
trois pays européens (source : projet SAVE-DUCT, référence [10])
– 43 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
CHAPITRE 6 – LES DIFFÉRENTS TYPES
D’ASSEMBLAGES EN FONCTION DU TYPE
DE RÉSEAU ET DE L’APPLICATION
Balayage des techniques les plus courantes d’assemblage des réseaux
aérauliques et impact sur l’étanchéité à l’air, les coûts d’installation (matériel et
main-d’œuvre), les consommations d’énergie, l’environnement.
6.1 Techniques d’assemblage les plus courantes
L’objectif est de balayer l’ensemble des techniques d’assemblage des réseaux
aérauliques : techniques dites « classiques » (sans accessoires à joints),
techniques plus « récentes » (avec accessoires à joints), en tenant compte des
principales contraintes (encombrement, isolation, pression de fonctionnement, …)
et en considérant que l’étanchéité à l’air doit être la meilleure possible mais sans
imposer un objectif de classe d’étanchéité, ce dernier étant analysé dans un
deuxième temps (cf. § 6.2). Il pourra ressortir au final, suivant l’objectif
d’étanchéité recherché, l’impossibilité d’utiliser telle ou telle technique.
Le choix d’une géométrie entre un réseau circulaire ou un réseau rectangulaire
est essentiellement guidé par une question d’encombrement. Une contrainte
d’encombrement peut rendre « nécessaire » le recours aux conduits rectangulaires :
ex. passage de conduits en plafond d’un local technique, passage de conduits
dans un faux-plafond, …
Par exemple, en première approche, l’équivalent d’un diamètre 800 mm circulaire serait un conduit
rectangulaire de dimensions approximatives : Hauteur = 500 mm, Largeur = 1000 mm.
Conduits circulaires
spiralés et
accessoires
standards.
L’assemblage est
assuré par des vis et
l’étanchéité par du
mastic
Conduits circulaires
spiralés et
accessoires
standards.
L’assemblage est
assuré par des vis et
l’étanchéité par de la
bande adhésive
Conduits circulaires
spiralés et
accessoires à joints.
L’assemblage est
assuré par des vis
Conduits circulaires
spiralés et
accessoires à joints
avec système
d’assemblage par
« click » (brevet Lindab
« Safe Click »)
Planche 6–1 : Réseaux circulaires rigides
– 44 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques

Conduits rectangulaires (1) et accessoires avec cadre de montage (2,3). L’étanchéité est
assurée par des joints en mousse (4)
Planche 6–2 : Réseaux rectangulaires
L’isolation peut être rapportée sur un réseau « standard » tel que montré
précédemment (conduits de base non isolés). Cela ne change rien, a priori, sur la
caractéristique d’étanchéité du réseau sur lequel est rapportée l’isolation.
L’isolation peut aussi être obtenue en utilisant des conduits isolés types « double
peau » ou autoportants. Sur les conduits « double peau » l’étanchéité est
normalement très bonne car les vis d’assemblage ne traversent que la peau
extérieure, qui n’est pas en contact avec le flux d’air, et la connexion intérieure est
assurée par des accessoires à joints. Sur les conduits autoportants l’étanchéité
est assurée par des bandes adhésives.
Isolation rapportée sur un réseau circulaire Isolation rapportée sur un réseau
rectangulaire
Conduit type double-peau (les accessoires de
raccordement types coudes et réductions sont
également du même type)
Conduit type « autoportant » (les pièces de
raccordement sont réalisées à partir des
mêmes composants de base)
Planche 6–3 : Conduits isolés
(2)
(1)
(3)
(4)
– 45 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
L’utilisation de vis d’assemblage, nécessaires pour la tenue des réseaux
circulaires et présentes en plus ou moins grand nombre en fonction des
techniques utilisées (cf. Planche 6–1), est une source potentielle de fuite
supplémentaire. Il est à noter également que, lors de la réalisation sur le chantier,
des modifications peuvent être nécessaires (ex. déplacement d’un té,
remplacement d’un accessoire, etc …) et entraîner la suppression de certaines vis
de montage, dont il faudra prendre bien soin de reboucher les trous après
modifications (cf. Chapitre 7).
Concernant les conduits souples ou semi-rigides, utilisés principalement dans les
parties terminales des réseaux, l’assemblage se
fait essentiellement par connexion avec d’un
côté des conduits rigides ou des unités
terminales de traitement d’air (par exemple) et
de l’autre côté des bouches de diffusion ou de
reprise d’air. Ce sont des pièces de
raccordements et/ou des colliers de serrage qui
assurent la liaison et l’étanchéité à l’air (Figure
6-1). Leur mise en œuvre doit être solide.
Figure 6-1 : Mise en place d’un collier sur un conduit souple autour d’une pièce de
raccordement (qui viendra ensuite se brancher sur un raccord mâle rigide)
En outre, pour éviter les déformations et déchirements souvent rencontrés en
pratique sur des conduits semi-rigides terminaux, les fabricants mettent au point
des accessoires de raccordement spécialement adaptés et très efficaces tels
que ceux représentés sur la Planche 6–4. Ils permettent notamment de réaliser
des liaisons fiables et étanches, en collectif, entre les colonnes verticales et les
bouches d’extraction d’air des logements.
Planche 6–4 : Accessoires de raccordement spécifiques pour les terminaux
(diffuseurs, bouches, …)
– 46 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
6.2 Comparatif des différentes techniques d’assemblage en termes
d’étanchéité, de coût global (matériel et main-d’œuvre) et
d’impact énergétique et environnemental
On s’intéresse ici aux conduits les plus répandus, circulaires ou rectangulaires,
pour examiner leurs principales caractéristiques en termes d’étanchéité à l’air,
de coût d’installation (matériel et main-d’œuvre), d’impact sur les
consommations associées aux systèmes de ventilation et éventuellement
d’impact environnemental.
 Comparaison des techniques en termes d’étanchéité et de
coût d’installation
• Comparaison « préalable » entre conduits rigides circulaires et
rectangulaires :
Toutes les études montrent une différence très nette d’étanchéité à l’air entres les
réseaux de conduits circulaires et les réseaux de conduits rectangulaires, à
l’avantage des premiers.
C’est ce que montrent par exemple les études réalisées dans le cadre du projet
ASIEPI (référence [12]), dont deux graphiques sont reproduits Figure 6-2.
On parvient au mieux à la classe A avec les réseaux rectangulaires. Parmi les
causes de fuites principales des réseaux rectangulaires, il faut citer celles qui sont
liées aux déformations des conduits (gonflements ou écrasements suivant que
l’on se trouve en surpression ou en dépression), qui entraînent des fuites aux
jonctions. Bien entendu, les fabricants de conduits rectangulaires et d’accessoires
associés développent des solutions pour lutter contre ces points faibles (voir Note
au bas de la page 49).
Globalement, on préfèrera passer en conduits circulaires partout où cela est
possible. Ce n’est pas toujours possible, en particulier pour des raisons
d’encombrement (cf. Chapitre 7).
– 47 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Figure 6-2 : Comparaison entre réseaux de conduits circulaires et rectangulaires
(extrait de référence [12])
• Étude comparative des différentes techniques d’assemblage des
réseaux circulaires et rectangulaires :
La société LINDAB a fait réaliser par un laboratoire indépendant, le TÜV
Rheinland, une étude comparative des cinq techniques d’assemblages décrites
au § 6.1 sur deux réseaux types (un réseau circulaire et un réseau rectangulaire),
en examinant les aspects étanchéité et coût de revient global matériel plus maind’œuvre.

Le réseau circulaire est schématisé Figure 6-3. Il comporte des conduits de
différents diamètres compris entre 160 et 315 mm. L’aire de la surface totale du
réseau Aj
est de 34,9 m² et la longueur totale des joints L est de 57 m, ce qui
conduit à un rapport L/Aj
= 1,63 m-1. Selon la norme NF EN 12237 (référence [4]),
ce rapport doit normalement être compris entre 1 et 1,5 m-1. Ce léger
dépassement devrait se traduire par un débit de fuite potentiellement un peu
supérieur à celui qui serait mesuré sur un réseau dont le rapport L/Aj
respecterait
les préconisations de la norme.
– 48 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Figure 6-3 : Réseau circulaire testé
Le réseau rectangulaire est de forme très similaire à celle du réseau circulaire
testé. Les sections de conduits varient de 150 x 150 mm², pour la plus petite, à
200 x 400 mm² pour la plus grande. L’aire Aj
de l’ensemble du réseau est dans ce
cas de 42,3 m² et la longueur totale des joints L est de 71,2 m. Le rapport L/Aj est
donc égal à 1,68, ce qui une valeur proche de celle du réseau circulaire.
Pour le réseau circulaire, les quatre techniques d’assemblage décrites sur la
Planche 6–1 ont été testées alors que pour le réseau rectangulaire, seule la
technique d’assemblage présentée Planche 6–2 a été testée.
Les résultats sont donnés sous forme d’histogrammes :
 étanchéité à l’air : avec indication de la Classe B, C ou D (Figure 6-4),
 temps de montage : temps en heure, minute et représentation sur la base
100 du système le plus rapide à assembler (Figure 6-4),
 coût total : matériel et main d’œuvre, sur une base 100 correspondant au
coût total du réseau le plus « économique » (Figure 6-5).
On observe sur les conduits circulaires un écart très important entre les
systèmes à joints (Safe ou Safe Click – classe D) et les systèmes « classiques »
(bande d’étanchéité ou mastic – classe B). Le réseau rectangulaire testé est
relativement performant puisqu’il atteint la classe B, voire la classe C, suivant la
pression d’essai, et se situe au niveau des réseaux circulaires avec assemblage
« classique ».
On observe un écart très sensible entre les temps de montage du réseau
circulaire avec assemblages à joints et celui avec assemblages classiques. Le
temps de montage du réseau rectangulaire est de loin le plus élevé, avec une
augmentation du temps d’un facteur 2 lorsqu’on passe du réseau circulaire avec
accessoires à joints au réseau rectangulaire.
– 49 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Figure 6-4 : Classe d’étanchéité et temps de montage en fonction de la technique
d’assemblage (source LINDAB)
Note : Les réseaux testés dans cette étude ont fait l’objet d’une mise en œuvre optimale, ce qui
peut expliquer pourquoi le réseau rectangulaire en particulier est nettement plus performant que
ce qui est observé en pratique avec cette technique.
Figure 6-5 : Coût total (main d’œuvre + achat) en fonction de la technique
d’assemblage (source LINDAB)
Au final un réseau circulaire avec accessoires à joints, le plus performant en
matière d’étanchéité à l’air, présente un coût global (matériel + main-d’œuvre)
inférieur d’environ 10 % au coût d’un réseau circulaire classique, nettement moins
performant en termes d’étanchéité. Quant au réseau rectangulaire, il coûte au
final 1,5 fois le coût du réseau circulaire avec accessoires à joints, pour un
résultat généralement nettement moins performant en matière d’étanchéité.
Note : Cette suprématie des conduits circulaires par rapport aux conduits rectangulaires tend à
s’estomper lorsque la taille augmente, typiquement au-delà de 630 mm. Dans ce cas, le temps de
montage et les performances d’étanchéité des conduits rectangulaires peuvent devenir
comparables à ceux des conduits circulaires.
– 50 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
 Comparaison des techniques en terme d’économies
d’énergie et d’impact environnemental
Nous allons illustrer par un exemple l’impact d’une amélioration de l’étanchéité
des réseaux sur la baisse de la consommation d’énergie et sur les économies
annuelles réalisées.
L’exemple concerne l’immeuble résidentiel collectif dont le réseau de ventilation
est décrit au § 3.2.1. Il s’agit d’un immeuble résidentiel collectif de 5 étages, situé
à Villeurbanne (Rhône), comprenant 13 logements de surface totale au sol
950 m². La surface du réseau de conduits est de 84 m², la ventilation est
effectuée par un caisson d’extraction simple flux placé dans les combles sous
toiture. Comme l’indique la Figure 6-6, on considère que 2/3 de la surface du
réseau, et donc des fuites associées, se situent en volume chauffé et que le tiers
restant est en volume non chauffé.
Figure 6-6 : Schéma de l’immeuble considéré
Les fuites du réseau ont un impact, d’une part, sur le débit du ventilateur qui
doit être majoré du débit de fuites total (en volume chauffé et non chauffé) pour
assurer le débit d’air hygiénique aux bouches. Il en résulte un accroissement de
la puissance électrique du ventilateur.
Les fuites ont également un impact sur la consommation de chauffage car le
débit de fuites du réseau situé dans le volume chauffé doit être chauffé en plus du
débit provenant des bouches d’extraction des logements.
– 51 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
L’objectif de l’exemple présenté est de calculer, d’une part, la consommation
électrique du ventilateur et, d’autre part, la consommation de chauffage liée
uniquement au renouvellement d’air dans l’immeuble. Le gain d’énergie et les
économies réalisées lorsqu’on améliore l’étanchéité du réseau dépendent donc
de la réduction de la consommation électrique du ventilateur et de la réduction du
chauffage lié au renouvellement d’air.
Deux modes de chauffage sont examinés dans le calcul :
 chauffage électrique avec un rendement de 100 %
 chauffage gaz avec un rendement global de l’ordre de 80 %.
Le ventilateur, dont on connaît la puissance électrique consommée en fonction du
débit pour la pression de fonctionnement du réseau considérée, soit 140 Pa, est
supposé fonctionner à un débit constant égal à 60 % de son débit maximum, ceci
24h/24, 365 jours/an.
Pour l’évaluation des pertes énergétiques liées au renouvellement d’air
(réchauffage de l’air extérieur) on se base sur les degrés.heures de chauffage
(°C x heures ou °C.h) par an, ce paramètre prenant en compte l’écart entre la
température moyenne extérieure et la température de chauffage de base dans le
logement (18 °C), ainsi que le nombre d’heures pend ant lesquelles la température
extérieure se situe en dessous de la température de consigne intérieure.
Les besoins en °C.h de chauffage en fonction de la localité en France sont
consultables sur internet à l’adresse suivante :
http://climatheque.meteo.fr/okapi/accueil/okapiWebClim/index.jsp
Ainsi, dans le département du Rhône, où se situe l’immeuble concerné, le nombre
de degrés.heures de chauffage est de 54 000 °C.h.
Dans l’exemple ci-dessous nous calculons la réduction de la puissance électrique
du ventilateur et de la puissance de chauffage consommée lorsqu’on passe de la
classe d’étanchéité 2,5 x A (classe par défaut de la RT 2012, voir Tableau 5-3) à
la classe C. On exprime ensuite cette réduction de consommation en économie
annuelle, en considérant les coûts suivants pour l’électricité et le gaz :
 électricité : 0,12€ TTC/kWh
 gaz : 0,055€ TTC/kWh.
Le Tableau 6-1 résume les caractéristiques principales de l’immeuble et du
réseau de ventilation, le Tableau 6-2 montre les réductions obtenues quand on
passe de la classe d’étanchéité 2,5 x A à la classe C. Les économies annuelles
en € TTC concernent tout l’immeuble et non chaque logement.
– 52 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Tableau 6-1 : Principales caractéristiques de l’immeuble et du réseau de ventilation
Situation géographique : Villeurbanne (69)
Nombre de degrés.heures de chauffage (°C x h) 54000
Nombre de logements 13
Superficie du réseau VMC (m²) 84
dont partie en volume chauffé 2/3
Débit de base ventilation (sans les fuites) (m3
/h) 1180
Pression dans le réseau (Pa) 100
Coût du kWh électrique (€ TTC/kWh) 0,120
Coût du kWh gaz (€ TTC/kWh) 0,055
Rendement chauffage électrique 100%
Rendement chauffage gaz 81%
Tableau 6-2 : Réduction de la consommation d’énergie et des coûts lorsqu’on passe
de la classe 2,5 x A à la classe C
Etanchéité du réseau
de ventilation
Débit de
fuites (m3
/h)
Débit total
(m3
/h)
Puissance
ventilateur
(W)
Conso élec
Auxiliaire
kWh élec/an
Conso Chauf.
air ventilation
kWh gaz/an
Conso Chauf.
air ventilation
kWh élec/an
Réseau peu étanche :
classe 2,5 x A 407 1587 240 2102 33007 26653
Réseau étanche :
classe C 18 1198 210 1840 27108 21890
Gain énergétique Classe 2 ,5 A → Classe C 13% 18% 18%
Économie kWh élec/an Économie kWh gaz/an Économie € TTC/an
chauffage tout électrique 5026 – 603
chauffage au gaz 263 5899 356
Un calcul similaire en changeant simplement la situation géographique de
l’immeuble, c’est-à-dire en passant de Villeurbanne (54 000 °C.h) à Nancy
(71 000 °C.h), conduit à une augmentation de la con sommation de chauffage,
l’écart relatif de 18 % entre les deux classes restant inchangé. L’économie
annuelle réalisée sur l’immeuble s’élève alors à 783 € TTC pour un chauffage
électrique et 458 € TTC pour un chauffage gaz.
Note : Une feuille Excel avec ces calculs est disponible avec le guide.
Concernant l’impact environnemental, la question concerne essentiellement le
mastic utilisé pour assurer l’étanchéité des assemblages standard (Planche 6-1).
Le problème se pose pour les poseurs de conduits travaillant en espace confiné.
Ils respirent des solvants inclus dans ces mastics qui peuvent provoquer des
irritations des yeux, du nez et de la gorge. De plus, il peut leur arriver de lisser le
mastic à main nue pour éviter que leurs gants ne soient souillés, ce qui peut là
aussi conduire à des irritations de la peau dues au contact des solvants avec
celle-ci.
– 53 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
CHAPITRE 7 – CONSEILS, PRÉCAUTIONS À
PRENDRE ET VÉRIFICATIONS À FAIRE AUX
DIFFÉRENTS STADES DE LA RÉALISATION
DES RÉSEAUX AÉRAULIQUES
Check-list des points importants à prendre en compte et à contrôler lors de la
réalisation des réseaux aérauliques afin de permettre d’atteindre, au final, une
bonne étanchéité.
On présente cette check-list dans le Tableau 7-1, qui montre les différentes
étapes, les actions importantes et les acteurs concernés, avec mise en
évidence de points particulièrement sensibles, parfois difficiles à traiter mais
parfois aussi malheureusement négligés en pratique.
Un zoom sur les points sur lesquels il convient d’être particulièrement vigilant est
présenté au Tableau 7-2. Les précautions et recommandations du Tableau 7-2
sont tirées pour l’essentiel d’un guide rédigé par le CETE de Lyon (référence
[13]), avec quelques compléments provenant du DTU 68.3 (référence [1]) et de
l’expérience des auteurs. On a reporté sur ce tableau une indication qualitative
de la fréquence d’apparition des problèmes rencontrés sur le terrain.
En Annexe, tous ces points sont détaillés dans un paragraphe reproduit in
extenso de la référence [13].
– 54 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Tableau 7-1 : Étapes de conception/réalisation/réception des réseaux aérauliques –
Conseils pour obtenir une bonne étanchéité à l’air
ETAPE
(acteur) Détail des tâches Conseils
pour obtenir une bonne étanchéité à l’air
Choix du type de réseau
− réseau circulaire préféré au réseau
rectangulaire, autant que possible
− accessoires à joints pour les réseaux
circulaires : cela devrait devenir la règle
partout où c’est possible
− il restera certaines parties potentiellement
en assemblage «  »classique  »
− liaisons terminales flexibles et manchettes
CONCEPTION souples étanches
(bureau d’études) Conception du réseau :
− dimensionnement : définition
des diamètres, des branches,
des bouches, des organes de
réglages, etc.
− définition des principaux
composants : ventilateurs,
bouches, té-souches, rejets, etc.
− plan (ou schéma) du réseau
− limiter le nombre d’accessoires (coudes, tés,
etc.)
− prévoir des trappes de visites étanches pour
accéder au contrôle et nettoyage du réseau
Réalisation des plans
d’exécution :
− reprise des plans en fonction de
la réalité du chantier : le bureau
d’étude fournit parfois des
schémas simplifiés, des
adaptations sont envisageables
en fonction des possibilités de
passage des conduits, etc.
− limiter le nombre d’accessoires (coudes, tés,
etc.)
− éventuellement proposer de passer en
réseau circulaire si c’est finalement possible
(contraintes d’encombrement)
− installer correctement les trappes de visite
aux endroits non accessibles par un
bouchon ou Té-souche amont
Commande des matériels :
− en fonction du cahier des
charges, des modifications ou
adaptations éventuelles
− proposer les accessoires à joints s’ils ne
sont pas explicitement décrits dans le cahier
des charges
REALISATION
(installateur)
Assemblage du réseau :
− assemblage des composants
− fixation du réseau
− voir ZOOM (Tableau 7-2)
Mise en route
− Inspecter l’ensemble du réseau
préalablement à la mise en route et après la
mise en route (visualisations, écoute, etc.)
Test de débits et de pressions − Adapter à la configuration (échantillonnage)
Tests d’étanchéité
− Faire appel à une entreprise spécialisée
équipée de matériel reconnu ou certifié si
possible
RECEPTION
(installateur)
Corrections éventuelles − Réaliser des corrections sûres et durables
– 55 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Tableau 7-2 : Points de vigilance lors de la réalisation des réseaux aérauliques
Points de
vigilance Précautions, recommandations
Fréquence
d’apparition
sur le terrain
Soigner particulièrement l’étanchéité au niveau du
raccordement des bouches. Cette liaison est une source
récurrente de fuite tant au niveau du conduit que du bâti.
!!!
Préférer des jonctions (tés, collecteurs, etc.) étanches
préfabriquées en usine.
L’utilisation de « piquages express  » est déconseillée.
!
L’installation d’accessoires à joints est recommandée. Ces
produits avec joints intégrés permettent d’obtenir une
excellente étanchéité des conduits entre eux, et de
diminuer le temps d’installation et les risques de
coupures.
A défaut, l’étanchéité entre conduits sera assurée par une
pose soignée de mastic et/ou de bandes adhésives
appropriées qui devront avoir une bonne tenue aux
agents atmosphériques (pour les matériaux qui y sont
exposés) et une bonne tenue au vieillissement. Un
masticage des têtes de vis est nécessaire pour assurer
une parfaite étanchéité de l’ensemble.
!!
Soigner les liaisons entre conduits verticaux et
horizontaux. Préférer des conduits de liaison rigides ou à
défaut semi-rigides entre les colonnes verticales et les
bouches.
!
En cas de modifications en cours de chantier sur des
raccordements de conduits ou d’accessoires, penser à
bien reboucher les perforations des vis supprimées
!
Raccordement
entres
conduits et
accessoires et
raccordement
des bouches
Surveiller l’alignement conduit-manchette-ventilateur. Le
ventilateur doit être fixé sur un socle anti-vibratile. !!
Surveiller l’étanchéité en tête de colonne. Prévoir un
dispositif assurant à la fois la visite du réseau et son
insonorisation. Extrémité des
conduits Surveiller l’étanchéité en pied de colonne. Prévoir un
bouchon de ramonage amovible et accessible par une
trappe de visite (500×500 mm au minimum)
!
– 56 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
Points de
vigilance Précautions, recommandations
Fréquence
d’apparition
sur le terrain
Raccordement
du ventilateur
Surveiller l’étanchéité des manchettes souples de
raccordement entre le caisson de ventilation et le réseau
horizontal.
!!!
Utiliser une trappe de visite adaptée au diamètre du
conduit. !
Réaliser un trou conforme au masque de la trappe. Trappes de
visite Certains fabricants proposent des manchons avec trappe
de visite intégrée. Leur utilisation est recommandée, la
trappe est ainsi parfaitement adaptée au diamètre du
conduit.
Traversée de
plancher
Surveiller les traversées de plancher.
Le joint de traversée de dalle permet à la fois de réaliser
l’étanchéité à l’air entre étage (et à l’eau en terrasse) et de
limiter le bruit généré et transmis.
Il permet d’éviter les déformations des conduits (fuites
potentielles) lors des phases de dilatation du béton.
!
Stabilité du
réseau
Assurer la tenue mécanique du réseau. Les conduits sont
assemblés entre eux de préférence avec rivets et à défaut
par vis auto foreuses. En tout cas, les vis autoforeuses ne
devront pas être placées à moins de 1 m des bouches et
trappes de visite afin de limiter les risques de blessures
lors des opérations de maintenance. Les conduits sont
fixés à la structure en respectant les règles suivantes :
– Des supports insonorisés seront placés tous les 2
mètres environ en terrasse ;
– En comble, il sera utilisé du feuillard (tôle de métal en
acier en bandes minces et étroites utilisée pour des
fixations par cerclage) fixé au bois de charpente. La
distance de garde au feu de 7 cm au minimum sera
maintenue.
!!
Éviter les déformations des conduits qui aggravent les
risques de fuite. ! Transport et
stockage des
conduits Protéger les conduits des déformations et des salissures
sur le chantier (l’utilisation de conduits bouchonnés est
conseillée).
– 57 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
ANNEXE : RECOMMANDATIONS PRATIQUES
POUR LES INSTALLATEURS DE SYSTÈMES DE
VENTILATION
(extrait intégralement d’un guide du CETE de Lyon [13])
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– 59 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
– 60 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
– 61 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
– 62 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
– 63 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
– 64 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
– 65 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
– 66 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
– 67 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
– 68 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
– 69 – Guide Etanchéité des Réseaux Aérauliques
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
[1] Norme PR NF DTU 68.3 : Travaux de bâtiment – Installations de ventilation
mécanique- Partie 1-1-2 : Ventilation mécanique contrôlée autoréglable – Règles
de calcul, dimensionnement et mise en œuvre – Cahier des clauses techniques
types (à paraître)
[2] Norme FD E 51-767 : Ventilation des bâtiments – Mesure d’étanchéité à l’air
des réseaux (décembre 2010)
[3] Performance de la ventilation et du bâti – Convention ADEME n° 0504C0114 –
Rapport final (juin 2009)
[4] Norme NF EN 12237 : Ventilation des bâtiments – Réseau de conduits –
Résistance et étanchéité des conduits circulaires en tôle (juin 2003)
[5] Norme NF EN 14239 : Ventilation des bâtiments – Réseau de conduits –
Mesurage de l’aire superficielle des conduits (août 2004)
[6] Norme NF EN 15727 : Ventilation des bâtiments – Composants de réseaux,
classification de l’étanchéité et essais (août 2010)
[7] Arrêté du 20 juillet 2011 portant approbation de la méthode de calcul Th-B-C-E
prévue aux articles 4, 5 et 6 de l’arrêté du 26 octobre 2010 relatif aux
caractéristiques thermiques et aux exigences de performance énergétique des
bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiments (MEDDTL no 2011/14)
[8] F.R. Carrié, V. Leprince : Impact of ductwork airtightness and conduction
losses on heat recovery efficiency. Proceedings of the 2011 BUILDAIR
symposium, Berlin, Germany (6 May 2011)
[9] P.G. Schild, J. Railio : Duct System Air Leakage – How Scandinavia tackled the
problem. ASIEPI Project, paper P187 (March 2010)
[10] Improving ductwork – A time for tighter air distribution systems – A status
report on ductwork airtightness in various countries with recommendations for
future designs and regulations – AIVC and SAVE-DUCT project partners (1999)
[11] J. Soenens, P. Pattijn : Feasability study of ventilation system air-tightness.
Conference AIVC /Tight Vent (12-13 October 2011)
[12] S. Caillou : Duct leakage problems and consequences in EU. International
Webevent ASIEPI (16 December 2009)
[13] CETE de Lyon : Réussir l’étanchéité à l’air de l’enveloppe et des réseaux –
Elaboration et application d’une démarche qualité (avril 2009)
L’acquisition des textes intégraux des normes citées dans ce guide peut se faire en ligne auprès de
l’AFNOR, à l’adresse suivante: http://www.boutique.afnor.org